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Kingsman, de Matthew Vaughn

12 Février 2015 , Rédigé par Pierre-Yves Coulbeaux Publié dans #Action, #Espionnage, #humour

Kingsman, de Matthew Vaughn

L’organisation Kingsman est un groupe d’agents secrets indépendant du gouvernement. L’un de leurs membres prend sous son aile un jeune garçon tout en enquêtant sur les activités d’un milliardaire.

Ce film envoie du lourd !!! Autant la bande-annonce ne me faisait que moyennement envie, pour ne pas dire qu’elle m’incitait à aller voir autre chose, autant le résultat final : woh ! C’est un excellent dosage d’humour, d’action et d’espionnage, bourré de références à plein de films : James Bond, évidemment, mais aussi Pulp Fiction, et bien d’autres ! On ne compte plus les qualités : scénario, mise en scène, acteurs, humour, tout est bon. Bon, il y a quelques petits couacs ici et là, mais rien de méchant, et rien qui n’enlève de son charme à cette œuvre.

Pour parler du scénario, je vais prendre quelques pincettes afin de ne pas trop en révéler, mais des choix couillus ont été faits. L’un d’eux survient aux deux tiers et est très surprenant, il vous faudra quelques instants pour vous en remettre. Beaucoup des choix d’écriture relèvent d’une volonté de renouvellement et d’esquive de l’écueil des clichés. Et cela fonctionne, le film nous réserve pas mal de surprises qui fonctionnent d’autant mieux que certains moments attendus sont bien présents. Je trouve que l’écriture est réellement excellente. Par exemple, vers la fin du film, au moment où le méchant doit réaliser son plan, on nous montre celui-ci en action. Cependant, afin de ne pas perdre le spectateur, on nous montre la situation d’un personnage en particulier qui s’apprête à faire une chose qu’il ne doit pas faire. Grâce à l’attention donnée à ce personnage, le spectateur a un point de repère, il voit où se trouve le point de non-retour à ne pas dépasser, et la tension peut se mettre en place. Sans cela, la fin aurait été moins forte d’un point de vue dramatique. Une autre réussite, c’est le traitement des nouvelles recrues. D'une part, le recrutement ne prend pas le pas sur l'action. On passe du recrutement à l'enquête sans que l'un n'empiète sur l'autre. Ensuite, notre héros doit faire mieux qu’une jeune fille à laquelle s’attache le spectateur. Sauf que seule l’une des deux recrues peut être acceptée. Le film se sort de la situation sans dire « on recrute les deux », puisque Kingsman n’en choisi bel et bien qu’une seule, mais sans non plus écarter l’autre. Et cela n’est possible que grâce à un choix scénaristique osé fait un peu plus tôt. Bref, je me suis fait comprendre. Comme quoi, un pitch peut-être classique (un méchant qui doit être stoppé par les gentils et un jeune héros qui doit apprendre les valeurs de la vie) et le scénario plein d’originalité et de bonnes surprises.

Colin Firth est l'agent Galahad.

Colin Firth est l'agent Galahad.

Le scénario est d’autant plus efficace qu’il est mené par des personnages et des acteurs au top ! Colin Firth sort quelque peu de sa zone de confort (les comédies romantiques) pour incarner un agent secret qui a la classe. Et il est parfait dans ce rôle. Firth est l’incarnation du flegme britannique et de la classe à l’anglaise. Son style, dans le film, n’est pas sans rappeler Chapeau melon et bottes de cuir (The Avengers en VO, et le titre original a son importance par rapport à la musique qui évoque celle des films de super-héros de la série Avengers). Son élève, si on peut dire, est un personnage également très bien fichu : un jeune de banlieue dont le père était un Kingsman tué 14 ans avant les faits relatés par le film. Malgré ses qualités, aussi bien intellectuelles que d’agilité, Eggsy ne fait rien de sa vie. Notre Colin Firth le repère comme candidat potentiel au poste de Kingsman et le propose à « l’entretien d’embauche ». Le personnage est attachant dès le début du film : on le voit en réelle difficulté sociale, c’est aussi un gamin qui aime sa mère et son bébé, qui ne veut pas de problème, bref, un jeune homme qui galère et qui a bon fond, et non pas un stéréotype de jeune de banlieue qui ne vaut rien. Il sympathisera avec Roxy durant sa formation, personnage féminin secondaire mais également attachant dont j’ai parlé plus haut. Enfin, qui dit film d’espionnage dit méchant complètement mégalo. Et Samuel L. Jackson est à la tâche en bad guy anti-charismatique et pourtant génial : mal sapé, affublé d’un zozotement ridicule (mais pas trop appuyé pour ne pas en faire des caisses), dégoûté de la vue du sang, et même sous le choc quand il tue quelqu’un pour la première fois de sa vie, Richmond Valentine est un méchant génial ! On le déteste et on l’adore en même temps, et c’est grâce en grande partie à la performance d’acteur.

Samuel L. Jackson est le méchant du film.

Samuel L. Jackson est le méchant du film.

Un mot rapide sur les autres personnages et acteurs. Mark Strong en formateur et expert technique est excellent, Michael Caine incarne le patron des gentils et est également bien trouvé pour le rôle, je n'ai rien à en redire. J’apprécie que les noms de code des Kingsman soient ceux des chevaliers de la table ronde (Galahad, Lancelot, Atrhur, ...), à nouveau, une bonne trouvaille.

J’aimerais ensuite dire un mot des dialogues et de l’humour. Beaucoup de répliques font mouche, comme par exemple, pour n’en citer qu’une, « c’est étrange que les services secrets chinois n’aient pas de nom. Voilà un secret bien gardé », en référence au MI6, à la CIA ou encore au KGB, les services secrets britanniques, américains et russes (pour la France, c’est la DGSE). Ce n’est pas la plus drôle des répliques, mais elle est bien trouvée et bien placée. L’humour ne dépend heureusement pas que des dialogues, mais aussi de certaines situations et de la mise en scène. Nous dirons seulement que le feu d’artifice de la fin en fera exploser de rire plus d’un ou encore que le tête-à-tête entre le héros et le méchant, scène type des films d’espionnage, restera dans les esprits pour son menu (les deux participants ayant un joyeux repas).

Galahad (Colin Firth), Eggsy (Taron Egerton), Merlin (Mark Strong), Roxy (Sophie Cookson) et un autre type.

Galahad (Colin Firth), Eggsy (Taron Egerton), Merlin (Mark Strong), Roxy (Sophie Cookson) et un autre type.

Pour ce qui est de la mise en scène, des idées qui participent de l’humour général du film. On a des scènes particulièrement bien filmées dans les scènes d’actions, dont une dans une église (qui suit une réplique génialissime de Colin Firth, en plein dans la gueule de la religion). La caméra suit le héros pendant la scène et ses actions paraissent encore plus classes. Idem à la fin, le combat entre l’espion et le bras droit du méchant est assez classe dans la façon dont il est filmé. Pour ne pas trop en dire, il y a, à la fin, une série d'explosions qui sont filmées d'une façon précise et sur une musique précise, cette seule scène prouve la mise en scène imaginative du film. Par contre, on a parfois des plans un peu trop serrés qui rendent la lisibilité de l’action un peu difficile, et c’est bien dommage. La mise en scène est associée à une musique bien classe, mais hélas très classique. Personnellement, elle m’a fait penser à la musique d’Avengers, et des films estampillés Marvel en général. Cela est peut-être voulu, pour la référence, mais j’aurais aimé une musique moins générique et plus originale, qui accompagne mieux la personnalité du film. Ce n'est là qu'un point de vue, évidemment.

Voilà, je crois que j’ai fait le tour des éléments que j’avais à dire. Encore une fois, je ne rentre pas dans le détail et je n’analyse pas le film, même s’il y avait à dire... C’est un hommage aux vieux films d’espionnage (période Roger Moore des James Bond) aux héros surhumains, et un excellent divertissement, plein de surprises.

L'équipe du film

L'équipe du film

Un film réalisé par
Matthew Vaughn

Ecrit par
Matthew Vaughn
Jane Goldman
D'après l'oeuvre de Mark Millar et Dave Gibbons

Interprété par
Colin Firth - Harry Hartman/Galagad
Taron Egerton - Gary "Eggsy" Unwin
Samuel L. Jackson - Richmond Valentine
Mark Strong - Merlin
Michael Caine - Arthur
Sophia Boutella - Gazelle
Sophie Cookson - Roxy

 

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