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Astérix : Le Domaine des dieux (2014) - Louis Clichy et Alexandre Astier

24 Novembre 2014 , Rédigé par Pierre-Yves Coulbeaux Publié dans #Animation, #Comédie

Astérix : Le Domaine des dieux (2014) - Louis Clichy et Alexandre Astier

César veut en finir une bonne fois pour toutes avec l’irréductible village d’Armorique. Pour cela, il décide de faire construire une cité romaine dans ses abords afin de convertir les Gaulois à la civilisation de son empire.

Depuis Mission Cléopâtre, sorti en 2002 (12 ans déjà !), c’est le premier film Astérix que j’attendais. Adapté d’un des volumes que je préfère dans la série, qui plus est par Alexandre Astier, avec une partie de la troupe de Kaamelott au doublage, ou encore la présence de Roger Carel pour doubler le petit gaulois rusé et moustachu, autant de chose qui m’ont donné envie. Même l’esthétique visuelle et la modélisation 3D me semblait bonne, en ce sens que l’esthétique de la BD était respecté. Résultat des courses : un film d’excellente facture et très drôle pour toute la famille.

En effet, Le Domaine des Dieux est une réussite pour moi totale tant j’ai trouvé que tout était bon ! Je ne dis pas que c’est parfait, si on cherche des défauts, on en trouve toujours, mais rien qui ne gâche un tant soit peu le plaisir. Scénario, réalisation, animation et musique, tout m’a convaincu !


Le Grand Roger Carel qui prend sa retraite à l'âge de 87 ans, après Le Domaine des Dieux.

L’animation d’abord, réalisée par des anciens de chez Pixar ayant passé 4 ans dans le célèbre studio. Très belle, vraiment très réussie : les mouvements sont fluides et très clairs, les détails sont riches et la modélisation des personnages est très réussie, comme je le disais au début, fidèle aux dessins de la BD, ce qui est appréciable. On pourrait se croire un moment devant un Pixar et oublier que l’on regarde un film français. Mais une belle animation ne fait pas un bon film, et il faut un bon scénario, ainsi qu’une bonne mise en scène.

Adapté de la BD du même nom que le film, on partait déjà sur de bonnes bases. Qui plus est, une telle histoire a beaucoup à dire sur notre propre société. De fait, quand on voit les commerçants (Ordralphabétix et Cétautomatix, respectivement poissonnier et forgeron du village qui adorent se détester) monter leurs prix pour se faire plus d’argent qu’ils n’en ont besoin, sous prétexte que ça reste correct vis-à-vis des prix pratiqués à Rome, multipliant ainsi par sept leurs tarifs, on voit bien le fonctionnement du marché et sa relation avec la cupidité. Car le film parle bien de cela : l’aliénation du village (image de la société) par l’argent (entre autres choses). Ce n’est pas là tout le scénario, mais il est bon de constater que dans un film qui sera vu par bien des enfants, on évite la morale à deux sous de beaucoup de films d’animation actuels. On a donc un métrage qui s’adresse aussi bien aux enfants par son humour qu’aux adultes par sa portée. Et, selon moi, c’est un film qui s’adresse clairement davantage aux adultes qu’aux enfants qui ne comprendront certainement pas toutes les références. J’aurai encore beaucoup à dire sur le scénario qui présente de très nombreuses subtilités, mais je vais poursuivre en l’abordant indirectement au travers des personnages.


Alexandre Astier

Certes, on a évidemment Astérix et Obélix, mais on les connait et s’ils mènent parfaitement l’histoire, ce ne sont pas toujours eux les plus drôles (mais ils vous donneront de quoi faire des abdos pendant le film). On a les Gaulois, les légionnaires romains et les civils romains. Ce qui rend les personnages attachants, c’est leurs caractères, mais surtout le très grand travail de doublage des acteurs, à commencer par le très grand Roger Carel, qui avec ce film prend une retraite bien méritée, même si sa voix nous manquera dans le paysage de l’animation. Sa voix sera toujours celle d’Astérix et restera inoubliable. Mais on a aussi des membres de Kaamelott : Lionel Astier en Cétautomatix, Serge Papagalli en Abraracourcix, Alexandre Astier en centurion ou encore Franck Pitiot (Perceval dans Kaamelott) en légionnaire, sortant une des répliques les plus cultes du chevalier arthurien le plus stupide sans qu’on ne s’y attende. Pour les fans de la série, c’est évidemment un grand plaisir de les entendre, chacun ayant un personnage lui correspondant bien. Même Brice Fournier (Kadoc) a son rôle ! Pour les autres personnages, on a Alain Chabat, toujours aussi génial, en sénateur romain, Florence Foresti en Bonemine et plein d’autres noms pour des doublages toujours très juste, ce qui donne au film un univers vocal très riche, car on reconnait bien des voix, et chaque acteur a sa façon de parler, et ces façons de parler contribuent à nous faire rire au fil des répliques.

Pour les personnages, petite mention pour le chef des esclaves qui est très drôle, mais j'ai aussi envie de citer le centurion et les légionnaires qui sont d'une bêtise éblouissante !

Car, point que je n’aborde pas souvent, les dialogues sont géniaux. On retrouve des répliques directement reprises de la BD, et parfois des références bien amenées, comme les répliques en latin de deux soldats en pleine déconvenue. Chaque phrase prononcée fait mouche et donnera envie de sourire si ce n’est de rire aux éclats. Notons, sans en faire un paragraphe entier, que l’univers vocal complète un univers sonore déjà bien établi avec une BO de bonne qualité.

Enfin, la mise en scène. Dès le générique du film, le ton est donné tant il est bien réalisé. Les figures formées par les boucliers de soldats romains sont très belles et l’ensemble présente l’action à venir avec un style des plus agréables. Dans le film même, il y a de très bonnes idées, et cela, dès la scène d’ouverture avec les plans sur les maisons du village que l’on voit pendant que l’on entend le traditionnel monologue d’introduction, sauf que l’on se rend compte ensuite que ce n’est pas le village, mais une maquette, et que c’est César qui fait le monologue. Certes, le procédé n’est pas neuf, mais le faire dans de l’animation le rend plus efficace car il est aisé de cacher le fait que c'est une maquette. Toujours avec César, on a de très beaux plans où il se dresse devant l’aigle, symbole de l’empire romain, donnant alors l’illusion que César est ailé, et lui donnant ainsi une importance : César est l’empire (dans l’univers d’Astérix, car rappelons que Jules César n’a jamais été empereur). Pour parler d'autre chose que de Jules, plus loin dans le film on a une séquence montrant Astérix, Obélix et Panoramix essayant de rendre la vie dure aux civils romains. Toute la scène se base sur la répétition de mêmes plans et de mêmes répliques qui rend la scène très drôle et se moque un peu des commentaires de touristes ("c'est toujours mieux que [ville d'origine]"). Je pourrais mentionner encore un tas d’astuces, mais ce serait vite lassant.

Pour faire simple, Le Domaine des Dieux est un bijou de l’animation et un de meilleurs films Astérix que l’on peut voir. Les dialogues soignés et un doublage remarquable appuient un scénario et une mise en scène de qualité, l’ensemble servant un discours qui, si on y prête attention, peut laisser pensif. À voir absolument !

NB : la 3D est des plus inutiles.

 

Un film réalisé par
Louis Clichy

Et co-réalisé par
Alexandre Astier

Ecrit par
Alexandre Astier
D'après l'oeuvre de René Gosciny et Albert Uderzo

Avec
Roger Carel - Astérix
Guillaume Briat - Obélix
Laurent Deutsh - Anglaigus
Alain Chabat - Sénateur Prospectus
Philippe Morier-Genoud - César

 

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