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Enemy (2014)

5 Septembre 2014 , Rédigé par Pierre-Yves Coulbeaux Publié dans #Thriller, #Denis Villeneuve

Une affiche très réussie

Une affiche très réussie

Denis Villeneuve avait imposé le succès avec son précédent film, Prisoners, mené par Hugh Jackman et Jake Gyllenhaal. Ce dernier revient avec le réalisateur pour Enemy, un thriller arachnéen. Dans ce film, Adam Bell, prof d’histoire à l’université, découvre qu’un acteur, Anthony « Daniel » St Claire a exactement le même physique que lui et décide de l’approcher.

Je n’ai pas complètement accroché à ce film bien qu’il ne soit, objectivement, pas foncièrement mauvais. Au contraire, il a même de bonnes qualités. Tout d’abord, la musique et l’ambiance sonore m’ont marqué. Elles sont conçues pour créer une atmosphère angoissante, les sons accentuant les bruits de fond de la vie quotidienne (ventilateur de pc, frigo, etc) et la musique jouant sur les sons brefs stridents des violons. Pour appuyer cela, l’atmosphère sonore est soutenue par l’ambiance visuelle : des couleurs dans les tons sépia, des situations lentes, des araignées... Les arachnophobes verront une belle mygale dès les premières minutes et ça pose l’ambiance !

Au fond, l’ambiance est celle que l’on attend d’un thriller et doit mettre le spectateur mal à l’aise. Que cela fonctionne ou non, ça dépend des gens. Personnellement, ça ne m’a pas réellement touché. En fait, l’ambiance est très travaillée, mais au détriment de la structure narrative. Le symbolisme est tellement mis en avant que le spectateur tente davantage de comprendre le symbole que l’histoire et risque de sortir du film, voire d’être paumé. En faisant un petit effort, on comprend le scénario, mais on n’y prête pas une aussi grande attention qu’au reste. Le symbole le plus voyant et qui est impossible à rater est celui de l’araignée et de sa toile. L’araignée elle-même apparaît à quatre moments importants du film (le début, la fin et aux deux principaux nœuds dramatiques), et l’image de la toile apparaît une fois au début (les câbles des transports en commun) et une à la fin (les fissures d’une vitre).

Clairement, le film met en avant son côté labyrinthique. Même les plans de la ville donnent cette sensation de dédale où tous les coins se ressemblent et dans lequel il est difficile de se retrouver. Cela peut renvoyer à la perte de repères du héros, Adam Bell, dont on comprend que la vie est morne et répétitive, ce qui est joliment mis en avant par l’effet de boucle des plans du début, et ce qu’il dit sur l’Histoire quand il fait cours. C’est un cycle. Cette sensation de vide le pousse à vouloir rencontrer l’acteur qui lui ressemble, car il suppose (peut-être) que rencontrer un acteur donnerait du piment à sa vie. L’idée que l’on ne peut éviter est celle du cauchemar. Car clairement, nous sommes dans une sorte de cauchemar, ce qui explique de nombreux plans très oniriques et stylisés et des transitions parfois obscures. Les actions du personnage ne sont parfois cohérentes que pour lui seul. Pour se convaincre de l’aspect onirique, il suffit de penser à chacune des apparitions d’araignées. Soit c’est un rêve, soit c’est une hallucination. Dans les deux cas, les barrières de la réalité sont brouillées par une perturbation psychologique du personnage, insatisfait de sa vie. De fait, le prof et l'acteur sont deux facettes d'un même individu, représentant les désirs et les peurs, ainsi que la réalité, mais les trois étant mélangés.

Bref, il y a beaucoup à dire sur ce film qui semble assez riche en interprétation et bien servi par sa mise en scène. Cependant, celle-ci souffre de lenteurs qui n’aideront pas le spectateur à rester devant si facilement. C’est ce qui gêne vraiment le film, les personnages sont lents, très lents à agir, quand ils agissent. Adam est perdu, ses repères sont brouillés, il est donc normal qu’il ait du mal à agir. Oui, c’est difficile pour le spectateur parfois, mais cela reste loin d’être insupportable. C’est long, mais ça passe.

Pour conclure, Enemy est, objectivement, un très bon film, très onirique, très soigné, mais devant lequel il sera difficile pour certains de rester, soit à cause de la tension palpable, soit à cause des lenteurs. Nous sommes face à un cauchemar d’un homme qui se perd et ne sait plus ni qui il est ni ce qu’il doit faire. À voir pour se faire un avis. Dans tous les cas, c’est un film assez marquant.

 

Un film réalisé par
Denis Villeneuve

Erit par
Javier Gullon
D'après l'oeuvre de José Saramago, "L'Autre comme moi"

Interprété par
Jake Gyllenhaal - Alan Bell/Anthony "Daniel" St Claire
Mélanie Laurent - Mary
Sarah Gadon - Helen

 

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