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Penny Dreadful, ou la subtilité dans ton cul

19 Mai 2014 , Rédigé par Pierre-Yves Coulbeaux Publié dans #Série

Évidemment, ma critique ne se base que sur deux épisodes, elle n'est donc pas forcément définitive. Mais j'ai du mal à voir comment elle pourrait s'améliorer ! Les dialogues sont mauvais, la mise en scène est ridicule et le scénario est un fore-tout bidon aussi subtil qu'un orc unijambiste enragé. Dans l'épisode 2, Dorian Gray est le parfait exemple de cette absence de subtilité... Je vois un type, col grand ouvert, jeune, avec une tête d'émo, regardant des portraits, j'ai de suite compris qui c'était, et je pense qu'on l'a tous compris au même moment. Et je me suis marré quand j'ai entendu son nom, autant que quand j'ai entendu Frankenstein à la fin du 1er ép, et autant que quand j'entendrai Dracula à la fin, si je vais jusque-là... Même Timothy Dalton, que j'aime beaucoup en tant qu'acteur, me déçoit : il est insipide au possible. Il faut dire qu'il n'est pas aidé par son personnage, le pauvre, il fait ce qu'il peut avec pas grand-chose. Et c'est valable pour tout le monde.

Les personnages sont nuls. Dès qu'ils disent un truc, ça paraît tellement forcé que c'est ridicule, et quand ils vous balancent des aphorismes à deux balles dans tous les sens, c'est à se taper la tête contre un mur. Frankenstein et Gray sont pas mal dans ce domaine, mais les autres se défendent. "Ce qui est éphémère est ce qui donne un sens à notre vie", dit Frankenstein en parlant de la poésie de Shakespeare... Je vous laisse un instant pour juger de la connerie d'une telle phrase. Le mec voue sa vie à la science, donc il dit que sa vie ne sert à rien, et d'une connerie. La littérature a plus de chances d'être éternelle que tout élément physique, et n'est donc pas éphémère, de deux. L'éphémérité des choses est ce qui justifie de la vanité de l'existence, non de son sens, et de trois. En une réplique, le mec prouve qu'il est con comme un manche. Et ce n'est qu'une réplique parmi d'autres, il y a aussi Gray excité par une pute qui a la tuberculose (on se fait vite chier quand on est immortel, alors on devient plus con et on dit "je n'ai jamais baisé d'être mourant". Sexe + mort dans la même phrase, combo gagnant !!! bref, voilà pour les dialogues...

La mise en scène maintenant... tous les acteurs jouent de la même façon : ils sont froids. Et c'est chiant, on a l'impression que tous les personnages sont les mêmes. Pour le reste du classique, du sang, un peu de sexe (pour le coup, juste un peu, on n'est pas sur HBO non plus), un côté un peu onirique, sombre, mystérieux, du brouillard, on voit jamais loin, des éclairages sombres, etc, etc. Pour le générique, du sang sur une fleur, dans une tasse, du sang où vous voulez. Voilà. C'est quand même une série proposée par le mec qui nous a offert le très bon film qu'est L’orphelinat !! Mais bon, tant pis... Mais toi aussi, deviens froid et mystérieux grâce à Penny Dreadful.

Maintenant, le scénario... C'est un bordel pas possible. Des meurtres étranges, une momie vampire avec le livre des morts tatoué sous une sorte d'exosquelette, Mina Muray, la fille de Timothy Dalton, qui a disparu, donc l'univers de Dracula, plus l'univers de Frankenstein (pas loin de 80 ans entre les deux romans quand même), plus l'univers de Dorian Dray, et je ne serai pas surpris de voir Carmilla à un moment. Plus le délire des oeuvres "penny dreadful", ces romans à un penny qui étaient censés faire peur (les "chair de poule" de l'époque si vous voulez), on a un mélange pas très intéressant. Bah oui, on sait de suite que ce sont des morts-vivants, on nous montre tout, ça va être dur de surprendre. Donc pas de panique, vous ne risquez pas d'avoir peur, on comprend toujours assez vite ce qui se passe.

La musique est simplement chiante : des thèmes lancinants qui sont trop présents et donc cassent l'atmosphère de la série en endormant le spectateur.

Bref, c'est de la merde. En fait, c'est tellement cliché que je me marre. Tout ce qu'il ne faut pas faire est fait, c'est ridicule à souhait. C'est la mode de ce "dark" adolescent pseudo décadentiste, référence aux auteurs tourmentés de la fin du XIXe siècle (sauf Mary Shelley qui écrit au début du siècle). Si, vous savez, la mentalité des littéraires au lycée. Pas tous, mais une partie, qui s'habille en noir et tout.

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Elisa Queval 22/12/2016 10:36

C'est cet article la merde