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The Grand Budapest Hotel

1 Mars 2014 , Rédigé par Jules-Emile Cazlab Publié dans #Comédie

Tiens, le nouveau film de Wes Anderson a l’air pas mal. Allons voir ça.

Ce film est un putain de chef-d’œuvre !!! Tout est bon dedans, Anderson fait montre d’une maîtrise absolument impeccable ! Et à tous les niveaux, que ce soit l’écriture, la réalisation, les acteurs, la mise en scène, la musique, ... Ce film est parfait.

Même la structure narrative fonctionne : une fille lit un livre d’un type qui raconte qu’un autre type lui a raconté une histoire. Et c’est comme ça que se fonde une fiction. Un type raconte une histoire à un autre type. Plus tard l’autre type se dit que ça ferait un bon roman et il l’écrit, et ensuite il en fait une préface, et l’œuvre arrive au lecteur. Et ce qui est génial, c’est que dans la façon dont c’est montré, ça paraît simple malgré les récits enchâssés. Pour souligner cet enchâssement, Anderson joue avec le format, passant allègrement d’un cinémascope à un 16/9 puis à un 4/3 (ou, pour être exacte, un format 1.37 : 1, ce qui est un peu plus large, le 4/3 étant du 1.33 : 1). Et chaque format correspond à une époque narrative. Plus l’époque est ancienne, plus le ratio est resserré. Une astuce qui fonctionne à merveille.

Mais changer le ratio ne servirait à rien si le réalisateur n’était pas capable d’adapter la composition des plans. Bah le fils de filou le fait !!! La composition des plans 4/3 (ce sera plus simple si je parle de 4/3, mais on est d’accord que c’est du 1.37 : 1), la composition des 4/3 donc, est parfaite. Il a dû regarder pas mal de film des années 30. Les personnages sont toujours bien placés dans le cadre. Comme des tableaux. Le film a une esthétique très plastique. Pas aussi poussé que dans un film de Peter Greenaway, mais quand même. Bon, comparer les deux serait intéressant (idiot me dirait peut-être certain). Par exemple ici, on va avoir un personnage au premier plan, tout à droite du cadre, avec en second plan un autre personnage tout à gauche, avec au fond le décor de l’hôtel. Cela paraît simple, mais en cinémascope, la même position des personnages les éloignerait trop, et la même distance entre eux laisserait les côtés complètement vides. Et comme on ne fait plus de 4/3, on ne réfléchit plus de la même façon la composition des plans et ce qui étaient des évidences ne le sont plus aujourd’hui. Et en 4/3, il faut réussir à remplir le cadre sans le surcharger !


La composition de ce plan est propre au 4/3 et, en cinémascope, laisserait des zones de grand vide...

Mais bon, venons-en au scénario et aux acteurs. Comme la bande-annonce l’annonçait, le film tient de la comédie burlesque. Et c’est très bien écrit, ça part dans tous les sens sans devenir incompréhensible et on s’amuse à faire le point sur la situation pour se rendre compte à quel point celle-ci est absurde. On place aussi des références pop de temps en temps. La poursuite à skis qui se continue dans la piste de bobsleigh est probablement inspiré d’Au Service Secret de Sa Majesté, le sixième (et à mon sens le meilleur) film de la franchise James Bond. Anderson aurait tort de se priver de parodier une scène aussi réussie. Mais l’écriture est aussi réussie dans les dialogues souvent très savoureux, et ces fichus poèmes de Gustave... Non, l’écriture est elle aussi réussie, les répliques font mouche à peu près à chaque fois. Et puis elles sont servies par un casting impeccable, et parfois surprenant. Ralph Fiennes, F. Murray Abraham, Edward Norton, Jeff Goldblum, et la petite française Léa Seydoux (en femme de chambre) au côté de Mathieu Amalric. Avec une brochette d’acteurs de cette trempe, impossible de faire erreur.

Et puis il y a les idées de mise en scène. J’ai adoré l’utilisation de décors peints et de jouets/marionnettes pour faires les effets spéciaux des années 30. Déjà parce que c’était les techniques courantes à l’époque, mais aussi parce que ça colle parfaitement à l’esthétique générale du film, ainsi qu’à son humour. Donc c’est bien trouvé pour au moins trois raisons. De manière générale il y a plein de techniques « à l’ancienne » qui sont du plus bel effet. Je repense à la poursuite à skis/luge. On voit le truc, mais ça fait le charme et l’humour de la scène. Et la façon dont les visages de Zero et de Gustave sont filmés fait très typé film muet, et encore une fois contribue à l’ambiance générale du film.


Wes Anderson, le réalsateur et co-scénariste du film

Même la musique est géniale. On a un orgue, instrument des choses graves, sombres ou solennelle, qui ici joue un air léger sur une poursuite qui a son côté Benny Hill.

Bref, tout dans ce film contribue à créer une ambiance folle et déjanté, mais en même temps très flegmatique. Bien qu’Anderson soit américain, ce film à un côté « So British » bien sympa. Il fait preuve d’une maîtrise incroyable, offrant un film devant lequel je serais bien, pour une fois, resté dix ou quinze minutes de plus. Il y a un tas de scènes géniales et de dialogues intelligents. Je n’ai franchement rien à dire contre ce film. Je suis sorti de la salle bluffé en me disant « c’est le film de l’année ».

 

Un film réalisé par
Wes Anderson

Ecrit par
Wes Anderson, d'après l'oeuvre de Stepehn Zweig.

Interprété par plein de gens, dont :
Ralph Fiennes - Monsieur Gustave
F. Murray Abraham - Mr. Mustapha
Jeff Goldblum - Kovacs

Toni Revolori - Zero

Et bien d'autre que vous pouvez retrouver en cliquant ICI

 

 

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