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Momuments Men

11 Mars 2014 , Rédigé par Jules-Emile Cazlab Publié dans #Comédie, #Drame

Je ne suis pas un grand fan de films de guerre, à quelques exceptions près : Le pont de la rivière Kwai et Le Choix du destin en sont. Mais vous ne me ferez pas trainer devant Il faut sauver le soldat Ryan. Cela dit, j’avais bien envie de voir ce Monuments Men, pour deux raisons : une approche différente de la guerre via la destruction de l’art et la question qui se pose : l’art vaut-il qu’on lui sacrifie des vies ? La seconde raison, plus bête, est que j’apprécie le travail de Clooney et que Bill Murray est un acteur qu’on ne voit plus assez. Au final ? Murray a un rôle assez important pour qu’on profite de son humour, et le film traite bien son sujet.

Au générique de fin, pas de réponse à la question posée. C’est à nous de trouver une réponse. Pour certains ce sera oui, et pour d’autres non. C’est aussi simple que cela. Mais y répondre n’est pas si facile pour moi. Je considère que l’art a une place importante dans la culture et que sa destruction est un sacrilège. Comme le film le dit, détruire les œuvres du passé, c’est détruire le passé, c’est effacer un pan de l’histoire. Cependant une vie humaine c’est aussi l’avenir. La question se pose à chacun : et nous, pourrions-nous mourir pour sauver une œuvre d’art ? C’est un très beau thème et une belle réflexion. Serais-je prêt à mourir pour une œuvre ? J’ai envie de répondre oui. Pour sauver La Cène, la Joconde, la chapelle Sixteen, ou autres. Après, dans les faits, je ne sais pas comment j’agirais.

L'agneau mystique. Achevé en 1432. Le retable (ouvert) de Van Heyck au coeur du film. Dans la partie haute, de gauche à droite : Adam, des anges chanteurs, la vierge Marie, Dieu le père ou Jésus, Jean le Baptiste, des anges musiciens, Eve. Dans la partie basse, de gauche à droite, les juges intègres, Les Chevaliers du Christ, l'adoration de l'agneau divin, les ermites et les pèlerins. Ci-dessous une vue du retable fermé montrant à gauche l'archange Gabriel et à droite la vierge Marie, et sous eux Jodocus Vijd et Lysbette Borluut, couple vivant à Gand où se trouve le retable. Entre eux se trouvent Saint Jean-Baptiste et Saint Jean l'évangéliste. En haut, respectivement à gauche et à droite, les prophètes Zaccarie et Michée avec, entre eux, les sibylles.

Mais au-delà d’une belle réflexion, c’est aussi un film franchement sympathique, avec beaucoup d’humour, que Clooney nous livre, très influencé par des œuvres comme Les Canons de Navarone et La Grande évasion. Je ne me souviens pas du premier, mais je vois bien l’influence du second : la légèreté des personnages et du film malgré la période de guerre qu’il montre, et ses moments tragiques. Cependant, les moments tragiques ne sont pas si marquants ici et l’émotion ne m’a pas vraiment saisi, sauf une fois, quand on voit une peinture de maître détruite par les flammes. Là cela fonctionne car effectivement, de grandes œuvres furent détruites. Mais bon, je n’étais pas non plus ému aux larmes. C’est peut-être ce qui manque un peu au film. En revanche, là où il se défend bien, c’est sur le plan de l’humour. On rit volontiers devant certaines scènes, et devant l’horrible accent français de Matt Damon. Dès qu’il parle en français, on lui demande d’arrêter et de parler en anglais. J’étais prévenu (merci Première) et du coup quand Damon dit « heureusement que je parle français », je souriais déjà et j’attendais de le voir en pratique. Un bon running gag dont le scénario n’abuse pas. Par contre, Cate Blanchett parle anglais avec un bon accent français. C’est bien joué de sa part. Evidemment, s’il y a de l’humour dans l’air, Bill Murray n’est jamais bien loin ! Certes, il joue son rôle habituel, le gars qui prend un ton blasé, qui ne prend rien au sérieux, mais je m’en fiche, c’est comme ça que je l’aime. De ce côté-là, le film a vraiment de très bons moments. Et les acteurs s’amusent comme des gosses, ce qui fait toujours plaisir à voir.

Le scénario aurait mérité un peu plus de tension, car il n’y a au final pas de surprise et je pense même que certains spectateurs auront du mal à entrer dedans car, si l’art ne les touche que peu, ils ne saisiront pas les enjeux qu’il y a pour les personnages.  Il y a toute de même deux fils directeurs, deux œuvres que l’on attend de voir retrouvée, l’une pour son importance artistique, l’autre pour un aspect disons plus émotionnel. Pour ma part, ça a fonctionné, même si on devine la fin et que celle-ci est sans surprise.

En somme, un film fort sympathique, bien mené, drôle, avec des acteurs qui s’amusent, et qui pose une question très intéressante. On peut regretter que certains point ne soient pas plus travaillés (tension, drame), mais on sort de la salle en ayant vu un bon film et on pardonne les petits défauts qui ne sont pas gênants.

 

Titre original
The Monuments Men

Réalisé par
George Clooney

Ecrit par
George Clooney
Grant Heslov
D'après les oeuvres de Robert m. Edsel et Bret Witter

Interprété par
George Clooney - Frank Stokes
Bill Murray - Richard Campbell
Matt Damon - James Granger
Cate Blanchett - Claire Simone
John Goodman - Walter Garfield
Jean Dujardin - Jean-Claude Clermont
Hugh Bonneville - Donald Jeffries
Bob Balaban - Preston Savitz
Dmitri Leonidas - Sam Epstein

 

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Commenter cet article

Aldo 12/03/2014 00:23

Une des prochaines critiques sur le site des cheetahmen :)