Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
ça peut vous intéresser

Critique : Her ; de Spike Jonze

15 Mars 2014 , Rédigé par Pierre-Yves Coulbeaux Publié dans #Comédie, #Drame, #Comédie romantique

Théodore vit seul et déprime un brin depuis que Catherine, sa femme, l’a quitté. Le jour où il achète le nouvel OS intelligent et doté d’une personnalité, sa vie va changer il va retrouver un sentiment de bonheur en tombant amourant de Samantha : son OS.

Attention, des spoilers se sont glissés dans cette critique...

Voilà un pitch qui sonne original et prometteur, et le film se révèle plein de bonnes idées. Le traitement de la relation amoureuse entre un homme et une conscience informatique n’est pas mauvais. J’ai apprécié que cet amour ne soit pas d’office moqué et condamné par les autres personnages. Théodora hésite, on le comprend, mais il finit par se dire que ce n’est pas forcément une mauvaise chose. Le film explore les problèmes que cela peut créer, notamment à cause de l’absence de corps de Samantha, et explore une solution qui laissera Théodore sceptique. Malheureusement, dès que la question de savoir si un homme et un OS peuvent s’aimer est résolu, le film perd de son intérêt. La question est relancée à un moment, mais l’intérêt ne resurgit hélas pas assez longtemps. Par ailleurs, je ne suis pas du tout satisfait avec la fin du film, je l’ai ressentie comme une façon de fuir le sujet et de ne pas assumer la réponse donnée plus tôt.

Cela dit, le film met aussi en avant la faiblesse dans laquelle nous nous trouvons émotionnellement et à quel point nous pouvons ressentir le besoin de remplir le vide creusé par la solitude et l’abandon. La question devient alors de savoir s’il vaut mieux avoir des amis/amours virtuels qu’aucun des deux ? Jusqu’à quel point pouvons-nous supporter la solitude ? Bon, la réponse n’est pas la même pour tout le monde, mais si on se base sur un individu disons moyen ? Comme toute question, le débat est ouvert, et pour moi les amis « virtuels » sont un substitut acceptable mais qui n’égalera jamais les véritables personnes. Alors qu’un homme sorte avec un OS ? Un programme informatique.


Théodore est bien seul...

Le film montre bien certaines des limites d’une telle idée, et une des belles scènes est cet écran noir pendant lequel on entend Théodore et Samantha avoir des rapports sexuels. Il fallait bien un écran noir pour cacher la solitude réelle de Théodore, mais la scène fonctionne bien. Certains l’ont trouvée glauque, et je le comprends. En plus, elle fait écho à une scène de dialogue (chat érotique) du début du film qui est à mourir de rire. Je suis certain que personne n’a jamais pensé à l’accessoire sexuel mentionné dans ce passage. Si ça vous est déjà venu, et que ce n’était pas une blague, je pense que vous avez des idées bizarres (auquel cas n’hésitez pas à me laisser un message dans l’onglet contact, j’ai d’autres idées pour vous).

Mais si les trois premiers quarts du film sont très bons, la dernière demi-heure m’a beaucoup déçu. Pas tellement à cause du fait que Samantha trompe Théodore avec 641 personnes, et probablement avec d’autres OS. Cela ramène au fait qu’au final, elle n’est qu’un programme, ou que, selon notre sensibilité, « l’amour est enfant de bohème et n’a jamais, jamais connu de lois ». Cela, j’ai trouvé ça encore très bien. Non, ce qui m’a déçu, c’est la solution du « départ » des OS. Je n’en vois pas l’intérêt, et ça soulève des problèmes de cohérence quant au fonctionnement de base de ces OS. Au final, cela permet à Théodore de se rapprocher d’Amy, sa meilleure amie. Mais cette solution est, à mes yeux, une facilité de scénario visant à se débarrasser des problèmes de relations OS et humains. Franchement, que l’entreprise responsable décide d’effacer les OS aurait paru plus logique. Mais on ne voit jamais cette entreprise.


Amy et Théodore

En fait, quand on y regarde de près, être un OS c’est juste une différence, comme si Samantha pratiquait un métier étrange, ou avait une maladie qui la mettait à l’écart des autres. Et une fois ce constat fait, le film redevient une simple comédie romantique. Avec un schéma tout à fait classique : l’homme souffre d’une déception amoureuse, il rencontre une autre femme qui le rend heureux, ils affrontent des problèmes mais finalement ils les surmontent, etc. Et au final, s’il ne finit pas avec Samantha, il ses chances avec Amy, quoi qu’il en dise. Donc pas mal de choses sont prévisibles. Mais en même temps traiter de façon classique une relation non classique est un choix qui se justifie et qui est intéressant. Et très franchement, je ne sais pas de quelle autre façon le sujet aurait pu être traité pour qu’il soit intéressant.

En bref, un très bon film, avec des passages très drôles comme des passages très beaux et touchants, des idées de mises en scène vraiment pas mal (l’écran noir par exemple). Je n’ai pas mentionné les acteurs qui sont, évidemment, excellents. Ma seule déception est la fin que je trouve trop facile et qui me laisse un sentiment de bâclage. Je commençais à m’ennuyer dans la dernière demi-heure et e disais que le film aurait pu se finir avant, ça aurait été un dénouement acceptable. Mais le déplacement vaut le coup !

 

Réalisé par
Spike Jonze

Ecrit par
Spike Jonze

Interprété par
Joaquin Poenix - Theodore
Amy Adams - Amy
Scarlett Johansson - Samantha

 

Retrouvez toutes nos publications sur facebook

Partager cet article

Repost 0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article